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Mise à jour : 07.03.05

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LES OBJETS DE MARINE SOUMIS A RESTRICTION
DE DETENTION, DE COMMERCIALISATION OU D'EXPORTATION



Certains objets sont :

- soit totalement interdits de commercialisation
- soit soumis à autorisation en regard du marché national
- soit soumis à restriction en matière d'exportation.

Sont concernés certains animaux, certaines matières issues des mondes végétal, animal ou minéral, les pièces archéologiques, certaines oeuvres d'art et les objets inscrits ou en cours d'inscription au patrimoine.

1. LES ANIMAUX et VEGETAUX

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, connue par son sigle CITES, dite Convention de Washington, est un accord international entre Etats. Elle a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.

La CITES a été préparée suite à une résolution adoptée en 1963 à une session des membres de l'UICN (l'actuelle Union mondiale pour la nature). Le texte de la Convention a finalement été adopté lors d'une réunion de représentants de 80 pays tenue à Washington, Etats-Unis d'Amérique, le 3 mars 1973; le 1er juillet 1975, elle entrait en vigueur et sa mise en application par l'Union Européenne date du 1er janvier 1984.

Les Etats qui acceptent d'être liés par la convention sont appelés "Parties" ( la convention est actuellement forte de plus de 160 Parties). La CITES est contraignante - autrement dit, les Parties sont tenues de l'appliquer. Cependant, elle ne tient pas lieu de loi nationale; c'est plutôt un cadre que chaque Partie doit respecter et pour cela, adopter une législation.

Voici quelques exemples auxquels cette législation est applicable :

- Les oiseaux de bord de mer.
- Les tortues de mer ou leurs carapaces :
Exemple : la tortue Caouanne ou carette (caretta caretta)
Grosse tortue à la carapace légèrement effilée vers l'arrière, la caouanne se signale par sa grosse tête qui abrite de puissantes machoires capables de broyer les coquilles les plus dures; elle se nourrit de crabes et de mollusques, ainsi que d'éponges, de méduses et de plantes aquatiques.
Distribution : Régions tempérées et tropicales du Pacifique, de l'Atlantique et l'océan Indien. Taille : jusqu'à un mètre
L'accouplement a généralement lieu chaque année, la femelle effectuant 3 à 4 pontes d'une centaine d'oeufs. Le ramassage excessif des oeufs et l'absence de contrôle de la chasse ont provoqué sa raréfaction, mais dans le sud-ouest de l'Afrique où elle est protégée, le nombre de tortues Caretta Caretta a augmenté de plus de 50%.
Protection nationale. Arrêté du 17 juillet 1991.





- Les dents de narval : La canine gauche du Monodon Monoceros mâle mesure environ la moitié de l'animal, elle peut atteindre trois mètres. Habitat : Zones arctiques de l'Atlantique Nord.
La protection de l'espèce aurait permis à une population évaluée à cinq mille sujets en 1990 de passer à vingt mille aujourd'hui.
Interdit d'exportation, vente soumise à autorisation.

- Les coco de mer ou coco-fesse de l'Ile de Praslin, une des îles des Seychelles.
Il y a des palmiers à coco de mer de sexe mâle et de sexe femelle. Les palmiers mâles peuvent atteindre 30 mètres de haut alors que les plus grands palmiers femelles ne font que 24 mètres. Le palmier femelle produit la plus grosse graine du monde : celle ci peut dépasser 20 kilos.
La graine est entourée du brou et le fruit met de 6 à 7 ans pour mûrir. La première feuille apparaît un an après la germination de la graine.
Les feuilles des jeunes palmiers à coco de mer peuvent dépasser 14 mètres de long. Le tronc n'apparaît pas avant que le palmier ne soit âgé de 15 ans. L'arbre atteint sa maturité entre 20 et 40 ans et on estime sa longévité à 400 ans.
Leur exportation est soumise à autorisation.


- La grande nacre (pinna nobilis) ou « jambonneau de mer » ou encore «pine noble » est actuellement le plus grand coquillage vivant dans les mers. Elle peut atteindre un mètre de hauteur dans certains secteurs de la Corse ou de Provence. On la rencontrait jadis à de faibles profondeurs dans toute la Méditerranée dont elle est endémique. Cette espèce est d’un grand intérêt écologique, car elle participe à l’écosystème de l’herbier de posidonies. Elle joue un rôle de filtreur et peut « nettoyer » jusqu’à 2000 litres d’eau par jour.
La grande nacre vit en partie enfouie, en position verticale. Elle se fixe dans le sable ou aux rhizomes de posidonies avec l’aide du « byssus », faisceau de filaments très solides, sécrétés par certains bivalves comme les moules.
Ce byssus était employé durant l’Antiquité et jusqu’au Moyen-Age dans le tissage d’une étoffe dorée, à l'apparence de la soie, si légère et si fine qu’une cape confectionnée avec cette étoffe pouvait passer à travers une bague. La légende de la toison d’or aurait comme origine ce fabuleux tissu d’or.
Taille : Jusqu'à 120 cm, et poids : jusqu'à 340 kilos.
Protection nationale. Arrêté du 26 novembre 1992.

 

- Le bénitier. (Iles Maurice, Seychelles et de la Réunion). Ce coquillage dont les coquilles les plus grandes ont été utilisées autrefois comme bénitier aété également récolté pour sa chair à forte teneur en vitamine et iode. Les sujets importants ne se trouvent plus qu'à grande profondeur.
Taille : plus d'un mètre pour plus de 300 kilos.
Interdit de collecte et d'exportation.


2. LES OBJETS ARCHEOLOGIQUES

Sont concernés : Tous les objets dits "de fouille", ceux-ci étant automatiquement inscrits au patrimoine national. Leur prélèvement sur site est assimilé à un vol.
L'organisme responsable est le D.R.A.S.M. : Département de la recherche des antiquités sous-marines.
Toute découverte d'un gisement doit être l'objet d'une déclaration. L'inventeur reçoit une part de la découverte. Si pendant longtemps, l'inventeur recevait une portion du "trésor" cet usage est aujourd'hui remplacé par l'attribution d'une indemnité financière.
Sont visés : les traditionnelles amphores mais également, la vaisselle, les jas d'ancre en pierre ou en plomb ...
Détention et vente soumises à autorisation.

3. LES OEUVRES D'ART

Les musées nationaux peuvent restreindre les mouvements des oeuvres d'art ou les acquérir.

Ils disposent pour cela d'un droit légal d'acquisition au prix du marché par application d'un droit de préemption, le plus souvent lors de la présentation d'un objet en vente publique.
Plus rarement, l'Etat peut interdire, par la voix de ses musées nationaux, la mise en vente d'un objet après que celui-ci ait été déclaré comme faisant partie du patrimoine national. Dans ce cas, l'Etat a obligation de l'acquérir dans les trois ans.

En conclusion, ces mesures peuvent sembler très contraignantes ou abusives et, éventuellement, inciter à contourner la loi, mais notons que :
d'une part :
- trop d'espèces sont menaçées par la cupidité ou la bêtise (dents de narval réduites en poudre aphrodisiaque au Japon)
- beaucoup trop d'objets importants pour le patrimoine partent irrémédiablement pour des collections privées (dont les possibilités financières dépassent parfois de beaucoup celles de nos musées).

et que, d'autre part :
l'Aministration accepte systématiquement d'étudier les dossiers de bonne foi et accorde souvent une dérogation en autorisant la cession d'objets personnels pour lesquels la preuve d'un délai raisonnable de propriété est apportée.


Sources :
- Conférence de Washington : http://www.cites.org/fra/index.shtml
- Coco-fesse : http://www.toluma.fr/Coco_de_mer_ou coco_fesse_288-av-393507.html

 
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