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Mise à jour : 01.01.05

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L'état a double mission de conserver et de mettre à disposition le patrimoine artistique du pays.

  - Le devoir de conservation est à prendre au sens le plus large de sauvegarde : obtenir puis préserver des outrages du temps.

  - La mise à disposition, le plus fréquemment limitée à l'aspect visuel, mais ouverte à chacun, généralement dans nos nombreux musées. Elle peut l'être de manière plus intimiste, réservée à des chercheurs, si la fragilité des oeuvres l'exige.

 Deux entités participent activement, jusque récemment dans l'ombre, aujourd'hui, de manière plus transparente, à cette double responsabilité.

 Les Musées Nationaux* ont la lourde tâche d'acquérir et d'entretenir le patrimoine. Nous nous limiterons ici à leurs moyens d'enrichir nos collections.

 Le Ministère de la Culture, dans son ensemble, moins spécialisé, rejoint l'action des Musées Nationaux en opérant une "veille" permanente du marché. Cela va des échanges illégaux de musique de variété sur internet, au pillage de châteaux. Nous nous intéresserons à son action en matière de patrimoine culturel.


 Les pouvoirs d'intervention de nos musées sont limités :

  Pour des raisons de temps : c'est le plus souvent à réception du catalogue d'une vente publique, une semaine avant la dispersion des objets, que le conservateur est alerté.
  Pour des raisons économiques : derrière l'action du musée, il y a bien sûr un budget. Sans rentrer dans les détails, notons qu'il y a deux budgets, celui de fonctionnement et celui d'investissement. En ce qui nous concerne, le Musée de la Marine, ballotté entre des menaces de délocalisation et des réalités hygrométriques, mérite un grand respect pour sa réactivité actuelle. (En revanche, amis des Amis du Musée de la Marine, je pense qu'il serait bien de me poster un petit mot qui sera reproduit ici in-extenso pour expliquer les avatars de la boutique-librairie).

 En dehors de moyens privés, par exemple, la dation (échange d'objets contre des droits de succession), les Musées Nationaux se portent acquéreurs en vente publique par :

  - Enchères : le représentant du musée enchérit comme n'importe qui. Pari ou nécessité à risque, son budget ayant parfois des limites que n'aura pas son concurrent.

  - Préemption : le Musée se substitue au dernier enchérisseur. Il laisse s'entre-déchirer les intervenants du marché privé et se manifeste après le coup de marteau du Commissaire-priseur pour revendiquer ce droit inique et générateur de tumulte dans la salle.
On le sait, je vis ces moments comme une récompense malgré la frustration du collectionneur qui est souvent un ami : un objet est toujours mieux en collection publique.
Internet permet d'annoncer longtemps en aval de la vente des objets significatifs, laissant ainsi le temps aux Musées de préparer leur intervention. Espérons que cette habitude se généralise afin de leur éviter d'être en permanence dans l'urgence.

 

Stop pour aujourd'hui : d'ici quelques jours, je continue avec les moyens qu'utilisent nos Musées Nationaux pour contenir les enchères : le passage en commission qui se traduit par une interdiction de sortie du territoire. Très décrié !. J'avoue être partagé sur la méthode .. mais tendance pour.
Ensuite, les interventions du Ministère de la Culture.

 

* Majuscules par respect .. comme lorsque je parle de notre Marine Nationale ou du Musée de la Marine, en fait, je parle des femmes et des hommes qui les font ou les ont faits, ils méritent des majuscules, tant pis pour la grammaire ... j'aime bien cette réplique : " l'accent : c'est parler du pays en parlant d'autre chose ...".

 
   
© Bruno Petitcollot, webmaster. Droits de reproduction liés à un accord préalable.