L'état
a double mission de conserver et de mettre à disposition
le patrimoine artistique du pays.
- Le devoir de conservation est à prendre au
sens le plus large de sauvegarde : obtenir puis préserver
des outrages du temps.
- La mise à disposition, le plus fréquemment
limitée à l'aspect visuel, mais ouverte à
chacun, généralement dans nos nombreux musées.
Elle peut l'être de manière plus intimiste, réservée
à des chercheurs, si la fragilité des oeuvres
l'exige.
Deux
entités participent activement, jusque récemment
dans l'ombre, aujourd'hui, de manière plus transparente,
à cette double responsabilité.
Les
Musées Nationaux* ont la lourde tâche
d'acquérir et d'entretenir le patrimoine. Nous nous
limiterons ici à leurs moyens d'enrichir nos collections.
Le
Ministère de la Culture, dans son ensemble,
moins spécialisé, rejoint l'action des Musées
Nationaux en opérant une "veille" permanente
du marché. Cela va des échanges illégaux
de musique de variété sur internet, au pillage
de châteaux. Nous nous intéresserons à
son action en matière de patrimoine culturel.
Les
pouvoirs d'intervention de nos musées sont limités
:
Pour des raisons de temps : c'est le plus souvent à
réception du catalogue d'une vente publique, une semaine
avant la dispersion des objets, que le conservateur est alerté.
Pour des raisons économiques : derrière
l'action du musée, il y a bien sûr un budget.
Sans rentrer dans les détails, notons qu'il y a deux
budgets, celui de fonctionnement et celui d'investissement.
En ce qui nous concerne, le Musée de la Marine, ballotté
entre des menaces de délocalisation et des réalités
hygrométriques, mérite un grand respect pour
sa réactivité actuelle. (En revanche, amis des
Amis du Musée de la Marine, je pense qu'il serait bien
de me poster un petit mot qui sera reproduit ici in-extenso
pour expliquer les avatars de la boutique-librairie).
En
dehors de moyens privés, par exemple, la dation (échange
d'objets contre des droits de succession), les Musées
Nationaux se portent acquéreurs en vente publique par
:
- Enchères : le représentant du musée
enchérit comme n'importe qui. Pari ou nécessité
à risque, son budget ayant parfois des limites que
n'aura pas son concurrent.
- Préemption : le Musée se substitue
au dernier enchérisseur. Il laisse s'entre-déchirer
les intervenants du marché privé et se manifeste
après le coup de marteau du Commissaire-priseur pour
revendiquer ce droit inique et générateur de
tumulte dans la salle.
On le sait, je vis ces moments comme une récompense
malgré la frustration du collectionneur qui est souvent
un ami : un objet est toujours mieux en collection publique.
Internet permet d'annoncer longtemps en aval de la vente des
objets significatifs, laissant ainsi le temps aux Musées
de préparer leur intervention. Espérons que
cette habitude se généralise afin de leur éviter
d'être en permanence dans l'urgence.
Stop
pour aujourd'hui : d'ici quelques jours, je continue avec
les moyens qu'utilisent nos Musées Nationaux pour contenir
les enchères : le passage en commission qui se traduit
par une interdiction de sortie du territoire. Très
décrié !. J'avoue être partagé
sur la méthode .. mais tendance pour.
Ensuite, les interventions du Ministère de la Culture.
*
Majuscules par respect .. comme lorsque
je parle de notre Marine Nationale ou du Musée de la
Marine, en fait, je parle des femmes et des hommes qui les
font ou les ont faits, ils méritent des majuscules,
tant pis pour la grammaire ... j'aime bien cette réplique
: " l'accent : c'est parler du pays en parlant d'autre
chose ...". |
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